Les Etats-Unis sont notre 1er client hors d’Europe. Nous y exportons par exemple deux fois plus que vers la Chine.
Après un déplacement à Washington et en Californie en septembre 2009, je me suis rendue dans des Etats américains qui représentent d’énormes potentiels pour nos entreprises : le Texas, la Floride et l’Illinois.
Ces trois Etats représentent à eux seuls plus de 55 millions d’habitants. S’ils étaient souverains, ils seraient respectivement la 11ème, la 17ème et la 18ème puissance mondiale, en termes de PIB. Nous y avons de sérieux atouts.
Nous disposons d’une excellence appréciée dans les domaines de la santé et des biotechnologies.
J’étais accompagnée à Chicago par 7 pôles de compétitivité et 120 entreprises pour le Salon BIO’2010, le plus grand salon mondial sur les biotechnologies. La France était la 3ème nation la plus représentée, avec une très forte visibilité du pavillon « France ». Ce secteur est l’un de nos plus dynamiques à l’export et il dégage d’importants excédents, malgré la crise.
La France est aussi attractive : le groupe américain Eli Lilly a implanté sa plus grande usine près de Strasbourg. Il contribue à la réussite du pôle de compétitivité Alsace Biovalley. Comme beaucoup d’autres entreprises, Eli Lilly est très intéressé par notre crédit impôt recherche. Cette attractivité de la France se mesure également à travers les partenariats, comme celui entre le pôle Cancer Bio-Santé et le cluster du Maryland, dont j’ai parrainé la signature.
Nos technologies sont reconnues dans les domaines de l’énergie et du développement durable.
Dans le pétrole et le gaz, une quarantaine de nos champions étaient présents sur l’Offshore Technology Conference de Houston. Nos grands groupes, comme Total ou Technip, mais aussi de nombreuses PME innovantes, comme Bardot, Doris ou Technogenia, qui font partie des « success stories » françaises dans ce secteur. Le drame de la marée noire qui touche les côtes américaines était bien sûr présent dans tous les esprits. Mais, quel que soit l’interlocuteur rencontré, l’émotion se mêle à la confiance en la technologie, pour améliorer la sécurité et une utilisation efficace des ressources pétrolières et gazières. Dans l’immédiat, près de 15 sociétés françaises, comme Ecoceane, Le Floch ou encore Nymphea, qui ont toutes un savoir-faire spécifique en matière de dépollution et de traitement des marées noires, ont été mises en contact avec les bons interlocuteurs américains.
Le Président Obama a décidé la relance du nucléaire aux Etats-Unis et nos entreprises, Areva, EDF, sont bien placées pour en tirer partie. A Chicago, à Houston, comme à Miami, il y a une forte attente de nos technologies en matière d’énergies renouvelables et d’éco-industries. L’ancien gouverneur Jeb Bush en est lui-même convenu devant moi : « Le grand défi pour la Floride, c’est la croissance verte ». Les entreprises françaises peuvent s’appuyer sur des champions, comme GDF Suez ou Veolia, déjà très implantés aux Etats-Unis.

Rencontre avec Annise Parker, Maire de Houston
Une bonne idée proposée par le Gouverneur d’Illinois : un jumelage des « River Illinois » et « River Seine », pour partager notre expérience de gestion de l’eau.
Nous sommes bien positionnés sur les grands projets d’infrastructures et de transports.
Je suis allée à Chicago et à Miami accompagnée de nos fleurons dans le domaine du ferroviaire, SNCF, Alstom, Systra, Keolis…
La Floride pourrait avoir le PREMIER train à grande vitesse (« High speed rail ») des Etats-Unis. Elle a obtenu, fin janvier, une part substantielle de l’enveloppe de crédits du plan de relance. La Floride a été l’Etat pionnier dans la conquête spatiale américaine. Pourquoi ne le serait-elle pas pour la très grande vitesse ferroviaire ? C’est pourquoi, j’ai réuni à Miami tous les principaux décideurs de l’Etat de Floride, afin de partager l’expérience française. Le plus important c’est que l’ensemble des habitants de Floride désirent cette « nouvelle expérience » !
Heureusement nous ne partons pas de rien en matière d’infrastructures de transports en Floride. L’image de nos entreprises y est très bonne, comme le montre par exemple l’attribution du tunnel du port de Miami à Bouygues, ou la place prédominante de CMA-CGM dans l’activité portuaire, ou encore la présence de Veolia à l’aéroport de Miami.
Mais, c’est surtout sur le dynamisme humain que nous pouvons compter.
A Chicago, comme à Houston et à Miami, j’ai rencontré des communautés d’affaires françaises d’un exceptionnel dynamisme, prêtes à aider encore davantage nos PME à la conquête de ces marchés (plus de 500 filiales françaises, qui emploient plus de 70 000 personnes).
J’ai été frappée par « L’Amérique de demain », celle des ces populations latino-américaines, qui façonnent un nouveau pays. J’ai été émue par « L’Amérique d’hier », celle de ces vétérans de la Seconde Guerre mondiale, que j’ai décorés, le 8 mai, sur le pont de la frégate Chevalier Paul. Entre ces deux Amériques, un même lien indéfectible avec la France.

Remise des insignes de Chevalier de la légion d'honneur à 24 vétérans de la Seconde Guerre mondiale - Miami, le 8/05/10



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